La relation entre le maître indien Atiśa (982-1054 apr. J.-C.) et la déité Tārā est l’une des histoires de connexion spirituelle les plus profondes du bouddhisme tibétain. Tout au long de sa vie, la déesse devint son guide principal, une protectrice constante et la source de ses enseignements les plus précieux. Leur relation fut si intense que Tārā lui apparaissait en visions et en rêves pour le guider, notamment dans les moments les plus importants de son existence, comme les suivants :
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Renoncer au royaume : Lorsqu’Atiśa était un prince, ses parents tentèrent de le marier, mais Tārā lui apparut, l’exhortant à ne pas s’attacher au monde mondain et l’inspirant à rechercher l’éveil.
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Prendre les vœux : À 29 ans, alors qu’Atiśa hésitait à devenir moine, une vision de Tārā (accompagnée du Bouddha Śākyamuni) le convainquit que c’était la bonne décision.
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L’enseignement clé (bodhicitta) : On raconte que lors d’un pèlerinage, Atiśa vit deux Tārā dialoguer. L’une demanda : « Quelle est la pratique principale pour atteindre l’éveil ? » La réponse fut : « La pratique de la bodhicitta (l’esprit d’éveil), soutenue par l’amour et la grande compassion. » Cet enseignement marqua l’action religieuse d’Atiśa jusqu’à la fin de ses jours.
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La mission au Tibet : À 60 ans, alors qu’Atiśa hésitait à accepter l’invitation du roi de Guge à se rendre au Tibet en raison des dangers d’un si dur voyage, il consulta Tārā, qui lui confirma qu’il devait y aller, que sa vie s’en trouverait prolongée et que cela serait d’un grand bénéfice pour la communauté bouddhiste et pour lui-même.
Cette relation entre le sage et la déesse eut des conséquences décisives pour le bouddhisme, car peu après, cette religion allait disparaître de l’Inde, mais elle maintint tout son éclat au Tibet, notamment grâce à cette seconde diffusion de la religion qu’Atiśa mena.
Par ailleurs, Atiśa popularisa le système des 21 Tārā, fondé sur des louanges à la déité. Dans sa méthode, toutes les Tārā ont la même forme mais varient en couleur (blanche, jaune, rouge, etc.), symbolisant différentes activités comme la paix ou la prospérité.
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Le sage écrivit de nombreux sādhanā (rituels) et louanges à Tārā, comme la célèbre « Louange à Tārā pour se protéger des 8 craintes », composée lors d’une tempête en mer.
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Diffusion massive du culte de Tārā : Finalement, Atiśa arriva au Tibet en 1042. Grâce à son travail et à celui de ses disciples (comme Dromtönpa, fondateur de l’école Kadam), le culte de Tārā s’enracina fermement au Tibet, se répandant à toutes les autres écoles.
En essence, pour Atiśa, Tārā n’était pas seulement une muse, mais une maîtresse et une protectrice. Elle fut le phare qui éclaira ses décisions cruciales et catalysa la transformation du bouddhisme au Tibet.