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Le Wolang acheta un cheval pour son fils, et le petit Wolang passa désormais ses journées à cheval, parcourant le village en tous sens. Tous les villageois trouvaient cela très agaçant, et le filou Yankan pensa qu’il fallait remédier à ce problème.

Un jour, alors que le jeune Wolang chevauchait de ci de là, il aperçut Yankan juché sur une grande calebasse au milieu du chemin, en train de la frapper de sa cravache.

— Hé, Yankan. Ce n’est pas une calebasse, ça ? Pourquoi la frappes-tu avec ta cravache ? demanda le petit Wolang.

— Cher jeune Wolang, répondit Yankan, tu te trompes. Ce n’est pas une calebasse. C’est un œuf de cheval que j’ai acheté à l’étranger.

— Un œuf de cheval ? Et ça court ?

— Plus vite que ton cheval.

— Je n’y crois pas.

— Si tu n’y crois pas, on peut faire une course pour le vérifier.

— D’accord. Comment on fait la course ?

— Voilà. Tu montes ton cheval. Moi, je monte sur mon œuf de cheval. Quand je crierai « un, deux, trois », on part au galop et on voit qui arrive le premier à la maison du tambour.

— D’accord.

Yankan enfourcha son « œuf de cheval » et cria aussitôt : « Un, deux, trois. » Le jeune Wolang partit au galop sur son cheval. Dès qu’il eut disparu, Yankan prit la calebasse, s’enfila par un raccourci et arriva à la maison du tambour.

Arrivé sur place, le jeune Wolang constata avec étonnement que Yankan l’y attendait déjà. Il descendit donc de cheval et fit plusieurs tours autour de l’« œuf de cheval », le regardant avec perplexité. Puis il demanda à Yankan de lui échanger son cheval contre cet « œuf de cheval ».

— Je ne veux pas l’échanger, refusa Yankan en faisant mine d’être contrarié.

— Si je veux que tu l’échanges, alors tu l’échanges ! cria le jeune Wolang, furieux.

— Eh bien, si tu le veux vraiment, alors échangeons, répondit Yankan en feignant de céder à son désir.

Yankan prit alors les rênes du cheval, l’enfourcha et disparut aussitôt.

Le jeune Wolang grimpa sur l’« œuf de cheval » et se mit à le frapper de sa cravache pour le faire avancer. Mais il le frappa pendant une bonne demi-journée et l’« œuf de cheval » ne bougea absolument pas. Furieux, il descendit de sa monture et lui donna un coup de pied, le faisant rouler en bas de la montagne. Puis il rentra chez lui, la tête basse.